Nouveau refus socialiste d’examiner la PPL de Simplification du droit

Lundi 20 février 2012, le Sénat a rejeté l’examen de la proposition de loi du député WARSMANN relative à la simplification du droit et à l’allègement des démarches administratives, en nouvelle lecture (suite à l’échec de la commission mixte paritaire).

Je regrette une nouvelle fois ce choix. Afin de démontrer l’utilité du texte,  j’ai mentionné à nouveau lors de mon intervention des amendements que j’avais déposés, qui ne sont que des exemples mais qui répondaient à des attentes fortes du secteur de l’artisanat. Tout d’abord un amendement relatif à la qualification professionnelle dans l’artisanat, puis une clarification de  la situation des anciens commerçants et artisans au regard de la faillite civile d’Alsace-Moselle.

Dans la proposition de loi figuraient de nombreux autres sujets utiles et attendus. A titre d’exemple, la simplification du bulletin de salaire, la déclaration sociale unique, ou encore le ‘coffre-fort numérique’. Il est bien connu que la complexité administrative affecte durement le dynamisme, la compétitivité et l’efficacité des entreprises françaises, notamment des PME, qui représentent un grand potentiel d’emplois. La simplification de ces normes se révèle être un enjeu majeur pour l’avenir de ces entreprises.

André REICHARDT

Proposition de Loi Warsmann de Simplification du Droit

Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,
Monsieur le Rapporteur (Jean-Pierre MICHEL),

Mon propos sera relativement bref étant données les circonstances de discussion, ou plutôt devrais-je dire, de non discussion de ce texte, pourtant tant attendu.
La question centrale est la suivante : pourquoi améliorer, adapter, « dé-légiférer » ?

Nous entendons tous, de nos concitoyens, que la loi est trop complexe, illisible, qu’il y en a trop. Ce constat est certes basique, mais tellement vrai.
Le Président de la République a souhaité très clairement une société de confiance à l’égard des Français et de toutes nos entreprises. Bien sûr, cette confiance n’exclut pas le contrôle. Mais la complexification croissante du droit ne contribue qu’à l’insécurité juridique, qui nous pénalise tous. Un vaste mouvement de simplification de notre droit, auquel nous avons largement contribué au Sénat, a ainsi été engagé depuis le début de la législature.
La nouvelle majorité sénatoriale refuse que nous discutions cette proposition de loi et apportions notre expérience, ainsi que celle des élus, des entrepreneurs, bref de nos concitoyens, pour améliorer notre droit.
Vous contestez la méthode, soit ! Mais que proposez-vous ? Rien !
Et pourtant, le principe même d’un texte de simplification permet  de balayer notre arsenal législatif afin d’en extraire l’inutile et l’essentiel. Ce que nous aurions pu faire habilement et intelligemment, collectivement.
C’est pourquoi le groupe UMP soutient l’idée essentielle de ce texte.
Et ce n’est pas en votant une question préalable que nous réglerons la question de l’hétéroclisme des textes. D’autant que la question préalable présente un inconvénient majeur : la procédure va ainsi aboutir à ce que l’Assemblée nationale définira seule les contours et le contenu de ce texte.

Lorsque vous dites que le texte a été transformé par l’Assemblée nationale en « pavillon de complaisance pour des marchandises de toute nature », vous vous trompez chers collègues.

Mais puisque, manifestement, un certain nombre de sénateurs n’ont pas compris « le sens du texte », ou plutôt ne veulent pas le comprendre, je vais répéter, par souci de pédagogie, qu’il ne recherche que l’intérêt des entrepreneurs.

Peut-on reprocher au législateur de se pencher sur les notions de simplification du bulletin de salaire, de la déclaration sociale unique, de coffre-fort numérique, ou de l’extension du rescrit dans le champ social, à titre d’exemples.
Le titre Ier du texte concerne la vie statutaire et sociale des entreprises, des dispositifs fiscaux, comptables et douaniers, le soutien au développement des entreprises, la simplification des procédures et des dispositions relatives à la lutte contre la fraude.
Le titre II quant à lui vise différents secteurs d’activité : l’agriculture, les professions réglementées, les transports, le tourisme, la presse et les médias, la construction, le logement et l’aménagement du territoire.
Ce texte :
–    est la fin annoncée de procédures inutiles et désuètes,
–    a l’ambition de clarifier le droit de la construction ou de l’aménagement,
–    préconise et permet la simplification de nombreuses démarches administratives
Ce texte ambitieux est donc destiné à soutenir la croissance et l’emploi sans toutefois peser sur les finances publiques – ce qui, de nos jours, est un élément important.

Je regrette que vous refusiez à nouveau l’examen de ce texte, je pense vraiment que ce n’est pas digne de notre fonction de parlementaire.
Je voudrais plus spécifiquement mentionner mon profond regret que ne soient pas examinés des amendements très attendus par certains secteurs d’activités, notamment par le milieu de l’artisanat.  Je l’ai déjà dit lors du dernier passage de ce texte au Sénat, mais je vais le rappeler, pour montrer à quel point ce texte pouvait être utile.

En matière de qualification professionnelle dans l’Artisanat, une disposition suscitait de fortes attentes par les organisations professionnelles du secteur. Il s’agit d’une modification de la loi du 5 juillet 1996, relative au développement et à la promotion du commerce et de l’artisanat. Celle-ci définit parfois des activités de façon très large. La doctrine administrative considère qu’un diplôme ou une expérience suffisante dans l’un des métiers faisant partie de cette activité, qualifie son détenteur dans tous les autres. Un peintre est ainsi « qualifié » pour effectuer des travaux de charpente, par exemple. Cette application littérale de la loi, que personne ne comprend, aurait aisément pu être corrigée par une simple modification, qui préciserait que le décret déterminant le niveau des qualifications requises doit le faire métier par métier.
Une autre disposition suscitant une forte attente des artisans et commerçants d’Alsace-Moselle, ma région, était la clarification de la situation des anciens commerçants et artisans au regard de la faillite civile d’Alsace-Moselle.

Mes chers collègues, à partir de ces exemples, j’espère vous avoir démontré qu’une telle PPL de simplification du droit aurait eu une réelle utilité pour nos concitoyens. Aujourd’hui, nous aurions pu satisfaire de telles simplifications.

Ce texte apportait de l’oxygène à tous ceux, petits et grands, qui entreprennent dans nos villes et nos campagnes et qui aspirent à plus de bon sens.
C’est pourquoi, mes chers collègues, le groupe UMP votera tout à l’heure, comme il l’a déjà fait lors de la 1ère lecture, contre la motion que vous présentez, monsieur le rapporteur, car, pour nous, l’avenir se construit aussi par la simplification et la lisibilité de nos normes.

André REICHARDT, Sénateur du Bas-Rhin

Projet de loi relatif à l’exécution des peines

Mercredi 1er février, le Sénat a adopté un projet de loi relatif à l’exécution des peines, contre l’avis du gouvernement et des sénateurs de la minorité sénatoriale, le texte ayant été totalement remodelé par la Commission des Lois et son rapporteur communiste Madame BORVO COHEN-SEAT.

Je me suis particulièrement opposé, ainsi que plusieurs collègues UMP et centristes, à une mesure précise défendue par les bancs de gauche : l’aménagement systématique des peines d’emprisonnement ferme d’une durée inférieure ou égale à trois mois (article 4A du projet de loi).
Selon cette mesure, toute peine d’emprisonnement ferme d’une durée inférieure ou égale à trois mois ne sera plus exécutée. La peine sera automatiquement aménagée (semi-liberté, bracelet électronique, etc).
M’affirmant résolument contre ce caractère systématique, je considère que, chaque personnalité étant différente, il revient au juge de décider au cas par cas, et non aux parlementaires de trancher en amont. J’ai ainsi insisté sur le fait pour le législateur de ne pas empiéter sur les pouvoirs de décision et d’appréciation du juge.

De la même façon, un système de numérus clausus a été voté, contre la position de la minorité sénatoriale. En effet l’article 4B du projet de loi impose un mécanisme de numerus clausus des établissements pénitentiaires, en prévoyant la libération automatique des condamnés dont le reliquat de peine est le plus bas, en cas d’incarcération d’un nouveau condamné.
La minorité sénatoriale, dont je fais partie, s’est élevée contre ces dispositions, en raison de l’atteinte qu’elles portent à l’autorité des décisions de justice, de leur caractère systématique, contraire à l’exigence d’individualisation de la peine, et des risques qu’elles font courir à la sécurité des citoyens. La libération automatique d’un condamné avant la fin de sa peine pour la seule raison qu’un autre condamné doit être incarcéré, a finalement été votée.

André REICHARDT

Questions cribles thématiques sur l’efficacité énergétique, notamment en matière de transport et de logement

La charte d’engagement relative à la mention Grenelle de l’environnement, signée en novembre 2011, incite les entreprises à accéder à un signe de qualité à travers la désignation d’un responsable technique opérationnel de chantier justifiant une formation qualifiante ou diplômée. J’ai souhaité connaitre les mesures d’accompagnement concourant à la formation des artisans envisagées par le gouvernement.

Vous trouverez ci-dessous la vidéo et le texte de mon intervention :

***

Monsieur le Président,
Madame/Monsieur le Ministre,
Mes chers collègues,

Le 09 novembre 2011 a été signée la charte d’engagement relative à la mention « reconnu grenelle environnement », en présence – entre autre – de Benoist APPARU Secrétaire d’Etat chargé du Logement, concourant à l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments. Parmi les objectifs de cette charte figurent l’incitation de l’accès des entreprises aux signes de qualité et l’accessibilité équitable à ces signes pour les différents types d’entreprises de la construction.

Or l’attribution de cette mention exige, notamment, la désignation d’au moins un responsable technique opérationnel de chantier justifiant d’une formation qualifiante et/ou diplômante.

Par ailleurs, pour les travaux de réalisation d’installations d’équipements utilisant une source d’énergie renouvelable, une procédure d’agrément des formations et des examens reste à définir par les pouvoirs publics.

A l’issu de la table ronde nationale sur l’efficacité énergétique, le 16 décembre dernier, Madame/Monsieur le ministre, vous annonciez 27 mesures pour accélérer les économies d’énergie, dont l’incitation à la qualification des professionnels du bâtiments pour améliorer la qualité des travaux passant par la mise en place d’une conditionnalité des aides et en invitant les collectivités locales à également conditionner leurs aides.

Dans ce contexte, Madame/Monsieur le Ministre, pouvez-vous me préciser les mesures d’accompagnement concourant à la formation des artisans que vous mettrez en place ?
En précisant que ces mesures devront permettre d’atteindre les objectifs d’accès équitable aux signes de qualité et de désigner un responsable technique au sens de la mention « reconnu grenelle environnement » couvrant les deux champs d’application de celle-ci, à savoir les travaux d’amélioration énergétique et les travaux d’installation d’équipement utilisant une source d’énergie renouvelable.

André REICHARDT

Projet de loi relatif à l’accès à l’emploi titulaire des agents contractuels dans la fonction publique.

Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre, (Monsieur François Sauvadet)
Madame le rapporteur (Madame Catherine Tasca)
Mes chers collègues,

Depuis son adoption en 1983, le statut général de la fonction publique pose dans son article 3, le principe selon lequel « les emplois permanents pour l’exécution du service public administratif sont occupés par des fonctionnaires ».
Alors même que cette règle fait la spécificité du statut de la fonction publique, le législateur avait déjà à l’époque admis une dérogation en permettant le recrutement d’agents contractuels.
Or, il est apparu très vite que le modèle statutaire ne pourrait répondre efficacement aux besoins de l’administration. Celle-ci a toujours été amenée à répondre à des besoins occasionnels, la conduisant à recourir à l’emploi de contractuels.
La flexibilité qu’offre cette modalité de recrutement conduit la fonction publique à employer des contractuels dans des emplois permanents et parfois même dans le cadre de contrats à durée indéterminée.
La contractualisation n’est pas un phénomène négligeable. Si le succès de ce phénomène s’explique en majeure partie par son adaptabilité et la souplesse dans ses modalités d’exercice, il répond également au contexte de recherche de mobilité et d’alternative aux modèles traditionnels d’administration.
Dans cette perspective, la loi du 3 août 2009 visait à garantir une mobilité entre les statuts, à faire en sorte que l’administration organise et offre aux agents les moyens matériels suffisants pour la mettre en œuvre dans de bonnes conditions.

A l’heure de la recherche d’efficacité et d’efficience, les techniques de management éprouvées par le secteur privé doivent être adaptées aux exigences du secteur public. Ces méthodes, issues du monde de l’entreprise, permettent également d’enrichir l’univers de la fonction publique qui a trop souffert de critiques, la qualifiant d’immobile et de conservatrice. Il est donc primordial de passer du monde clos dans lequel elle était enfermée à un univers infini.
En outre, le rapprochement entre le secteur privé et public permet un apport mutuel qui, j’en suis persuadé, sera bénéfique à ces deux sphères que l’on oppose –à tort- trop souvent. Chacun doit apprendre des expériences de l’un et de l’autre.
Il faut également souligner qu’au sein même de la fonction publique, la CDIsation que propose ce projet de loi permettra de mettre fin aux disparités qui existent entre les fonctionnaires et la situation précaire des agents contractuels.
C’est pourquoi, il était nécessaire de rendre les lettres de noblesse au contrat. Pour satisfaire cet objectif, le Gouvernement a organisé une longue phase de réflexion au cours de laquelle différentes consultations ont été menées. Ce projet de loi  est donc le fruit d’un véritable effort de recherche de consensus parmi les acteurs sociaux, ce dont le groupe UMP se félicite.
Aujourd’hui, la fonction publique désire jouer à armes égales avec le secteur privé pour se positionner en véritable acteur du système économique.
Le contrat a longtemps été décrié car il était signe de précarité mais il s’agit davantage d’une situation incertaine qui résultait de l’emploi de contrat à durée déterminée que de la forme contractuelle en elle-même.
L’emploi du contrat à durée déterminée est utile à l’administration pour répondre à des besoins occasionnels. Mais lorsqu’il s’agissait de besoins permanents, il est nécessaire de passer à des contrats à durée indéterminée.
Or beaucoup d’entre vous ont été alertés par des témoignages d’agents qui, au bout de nombreuses années de bons et loyaux services ont vu leurs contrats à durée déterminée non renouvelés. Il s’agit d’abus : le manque de clarté dans les conditions de renouvellement de ces contrats en est la principale cause, nous ne le tolérerons plus désormais.
Ce projet de loi fait donc œuvre de clarification et plus particulièrement sur ce point-là.

En outre, on oppose souvent le contrat au concours et aux valeurs qui y sont attachées. Aussi, on associe plus naturellement le concours à l’égalité républicaine : considérant ainsi que seul ce mode de recrutement le concours garantit une égalité parfaite entre les candidats. Pourtant, si l’on étudie les rapports des jurys des grands concours administratifs, on peut constater aisément que, malgré une faible amélioration, l’accès aux très grandes écoles reste réservé à une élite sociale.
Aussi la titularisation et la CDIsation permettent de résoudre cette injustice sociale puisqu’elles récompensent les plus méritants, ceux qui capitalisent une expérience et un solide bagage professionnel. Le dispositif de sélection doit être davantage professionnalisé pour permettre à ces agents de valider leurs compétences, fruits de leur expérience acquise.
Il est donc indispensable de sécuriser la situation des agents contractuels qui n’ont pas pu transformer leurs contrats à durée déterminée en contrats à durée indéterminée. .
Souvent on nous reproche de prendre des demi-mesures en matière d’emploi, les dispositions de ce texte en illustrent un parfait contre- exemple puisque tout d’abord, le modèle bénéficiera :
    Pour la fonction publique d’Etat à près de 26 200 agents de l’Etat qui actuellement en CDI ou en CDD, répondraient à la condition d’ancienneté nécessaire pour profiter du nouveau dispositif.
    Pour la fonction publique hospitalière: si l’évaluation des personnels éligibles est plus complexe à évaluer, 60 130 équivalents temps plein répondent aujourd’hui à des besoins permanents et donc peuvent être concernés.
    Pour la fonction publique territoriale : 48 000 agents ont été recrutés sur des CDD de 3 ans maximum renouvelables et donc ces situations pourraient ouvrir droit à un CDI.
Par ailleurs, si on dresse un bilan de la sécurisation de l’emploi de ces agents contractuels, celui-ci est très satisfaisant dans la mesure où :
-Tout d’abord, d’un point de vue juridique, le projet de loi garantit une plus grande transparence dans les conditions d’obtention d’un CDI. Il substitue ainsi à la notion imprécise de « contrats successifs » des critères clairs de reconduction des contrats à durée déterminée en contrats à durée indéterminée et notamment en imposant que la CDIsation intervienne auprès du même employeur et dans un niveau hiérarchique similaire ou inférieur. Le contrat à durée indéterminée sera ainsi rendu plus largement accessible, conformément aux objectifs de la directive européenne du 28 juin 1999.
-Sur le plan financier, nous nous félicitons de la mise en œuvre d’un dispositif qui offrira une meilleure sécurité de nos agents tout en limitant la génération de coûts supplémentaires.
-Et cela s’explique par un impact globalement neutre en termes d’emplois dans la mesure où la titularisation et la CDIsation n’auront pas de conséquences notables sur l’évolution du nombre d’Équivalent temps plein travaillés dans les ministères. Sera donc garanti le respect de leur plafond d’emploi, à l’exception, ce qui devrait rester marginal, des cas de titularisation d’agents employés en CDD à temps incomplet.
-Enfin, cela n’affectera en rien le nombre de postes ouverts au titre des autres voies de recrutements dans les corps de fonctionnaires concernés. Et cela n’aura également pas d’impact sur la situation des agents titulaires des corps d’accueil ni sur la gestion de ces corps.
En définitive, et l’on peut s’en réjouir, ces dispositions auront un effet globalement neutre sur l’emploi public ; seule sa sécurisation en sera améliorée. En effet, la titularisation comme la CDisation aboutira pour les bénéficiaires du dispositif à une stabilisation de leur situation professionnelle et sociale.

Permettez-moi, Monsieur le Ministre, avant de conclure, de revêtir un instant ma casquette de représentant de la région d’Alsace, pour m’assurer de l’application de cette loi à la situation spécifique de l’Alsace-Moselle, où, particularité du droit local oblige, les  professeurs d’enseignement religieux, catholique ou protestant, sont des contractuels, en CDI. Pouvez-vous m’assurer, Monsieur le Ministre, que ces professeurs pourront effectivement bénéficier de ces dispositions relatives au concours de titularisation, dit « concours réservé » et aux examens professionnels ?

En outre, je souhaiterais attirer votre attention, Monsieur le Ministre, sur le fait que la loi du 26 janvier 2004 et le décret du 17 février 1995 permettent à tout fonctionnaire territorial de bénéficier d’une mise en disponibilité pour convenance personnelle pour une durée maximum de 3 ans renouvelables dans la limite de 10 ans sur l’ensemble de la carrière de l’agent. Certaines communes se trouvent confrontées au problème de remplacement de leurs agents. Ces emplois restent vacants et il n’est pas souhaitable de fermer ces postes puisque le statut de la fonction publique territoriale impose à l’administration de réintégrer l’agent mis en disponibilité, ce qui engendre un problème de gestion prévisionnelle des emplois.
Ce dispositif ne permet pas de créer des emplois pérennes pour ce personnel remplaçant ni de leur offrir une évolution de carrière comme tout fonctionnaire territorial titulaire.
Aussi peut-être serait-il envisageable, Monsieur le Ministre, de ramener le délai maximum de 10 ans à 3 ans pour les communes de moins de 5000 habitants. Une autre clause pourrait être pour les communes de moins de 5000 habitants de limiter le nombre de postes avec mise en disponibilité à 10% du personnel total.

Mes chers collègues, je suis convaincu que ce projet de loi contribue pleinement à l’évolution du statut de la fonction publique. Il concilie sécurisation de l’emploi, élément traditionnel et constitutif du statut de la fonction publique mais également adaptabilité et réactivité, éléments novateurs pour lesquels la CDIsation va jouer le rôle d’accélérateur dans cette nouvelle combinaison.

C’est pourquoi, j’appellerai de tous mes vœux mes chers collègues à soutenir ce texte qui fait de la fonction publique un acteur économique à part entière et en devenir ! Notre modèle d’administration n’est donc pas mort, sa construction est en marche !

André REICHARDT

La Lettre sénatoriale d’André REICHARDT, N°1

Découvrez l’activité parlementaire d’André REICHARDT à travers le 1er numéro de sa lettre d’information sénatoriale, datée de l’automne 2011.

Pour ouvrir et lire le document, vous pouvez cliquer sur l’image ci-dessous :

Edito – Automne 2011

J’ai le plaisir de vous accueillir sur mon site internet qui témoigne de mon activité aux cours de ces premiers mois en tant que Sénateur, un engagement au quotidien au service des élus de terrain et de tous nos concitoyens du Bas-Rhin.

Comme vous le savez, j’ai succédé au Sénat à Philippe RICHERT  après sa nomination au gouvernement comme Ministre chargé des Collectivités territoriales. J’ai effectivement pris mes fonctions en janvier 2011, lors de la reprise de la session parlementaire, prenant mes marques dans cette vénérable institution de notre démocratie, et découvrant la richesse et la complexité du travail parlementaire.

Dans un premier temps, j’ai  été amené à siéger, comme mon prédécesseur, dans la Commission « Culture » du Sénat. Juriste de formation, docteur en droit, j’ai tout naturellement souhaité intégrer la Commission des Lois. Chaque sénateur ne pouvant siéger que dans une seule à la fois des 6 commissions permanentes du Sénat, c’est à l’occasion de l’entrée au gouvernement de Gérard LONGUET  qu’une place se libéra au printemps, me permettant ainsi d’intégrer la prestigieuse Commission des Lois, dans laquelle avaient siégé en leur temps Marcel RUDLOFF, Daniel HOEFFEL et Hubert HAENEL, et où nous sommes aujourd’hui deux élus alsaciens avec ma collègue haut-rhinoise Catherine TROENDLE.

Au Sénat, une activité parlementaire intense :

Fidèle à mes convictions et à ma famille politique d’origine, j’ai dès mon entrée en fonction tout naturellement rejoint le Groupe UMP du Sénat, qui est présidé aujourd’hui par le Sénateur-Maire de Marseille Jean-Claude GAUDIN.

Avec les sénateurs de la Majorité, j’ai ainsi pu soutenir et contribuer à la courageuse politique réformatrice menée par le Président de la République Nicolas SARKOZY et le gouvernement de François FILLON, à travers  l’examen des nombreux textes qui ont été présentés au Parlement au cours de ce début d’année 2011 : réforme de la garde à vue, sécurité intérieure, immigration et nationalité, création du Défenseur des Droits, bioéthique, instauration de jurés populaires en pénal, création de la prime salariale, loi constitutionnelle sur l’équilibre des finances publiques (« règle d’or »), etc…

Depuis le début de l’année 2011, ce sont ainsi 111 projets de loi (d’initiative gouvernementale) et 120 propositions de loi (d’initiative parlementaire) qui ont été examinés par le Sénat, sans compter les propositions de résolutions, et les nombreuses questions au gouvernement. J’ai concentré mes interventions dans 3 domaines en particulier qui retiennent mon attention :  les questions juridiques que je peux désormais travailler au sein de la commission des Lois; le monde économique et l’emploi ( avec ma participation à la mission commune d’information sur Pôle emploi, et surtout la mission sur les qualifications dans l’artisanat qui m’a été confiée à ma demande) ; et la défense des intérêts de l’Alsace et des collectivités alsaciennes ( droit local, bilinguisme, défense des institutions européennes à Strasbourg, réforme des collectivités territoriales et de l’intercommunalité, tram-train, sapeurs pompiers)

J’ai œuvré en bonne entente avec mes collègues sénateurs de la Majorité alsacienne, Fabienne KELLER, Esther SITTLER, Francis GRIGNON pour  le Bas-Rhin, et Catherine TROENDLE, Jean-Louis LORRAIN et Jean-Marie BOCKEL pour le Haut-Rhin, en travaillant ensemble sur de nombreux dossiers, et en cosignant avec plusieurs d’entre eux des propositions d’amendements ou de lois.

Je reste aussi persuadé que nous obtiendrons de meilleurs résultats en unissant nos forces et nos compétences, au-delà des éventuelles divergences politiques ou locales. J’ai ainsi initié une démarche commune de 29 parlementaires alsaciens et mosellans, représentant toutes les sensibilités politiques et tous les territoires, pour défendre notre droit local

 

Droit Local d’Alsace-Moselle : un patrimoine juridique commun à préserver et à développer

 

Je me suis particulièrement impliqué sur ce sujet du droit local, en m’efforçant de le défendre mais aussi de le moderniser et de le développer. Certaines dispositions du droit local peuvent aussi inspirer le droit national, il s’agit donc de saisir chaque occasion pour permettre à notre législation locale d’essaimer sur tout le territoire national.

– En tant que rapporteur du texte sur  « la répartition des contentieux et l’allègement des procédures juridictionnelles», j’ai fait adopter un amendement, rédigé en accord avec l’Institut du droit local et cosigné par ma collègue Catherine TROENDLE pour permettre  l’adaptation de la procédure de faillite civile (applicable jusqu’à présent dans les seuls départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle) au statut de l’entrepreneur individuel à responsabilité limitée (EIRL).

– Lors de l’examen d’un texte sur la libéralisation des ventes volontaires de meubles aux enchères publiques, je suis intervenu pour que soit rejeté un amendement  qui visait à permettre aux commissaires-priseurs judiciaires d’exercer leurs fonctions en Alsace-Moselle alors que le droit local donne l’exclusivité aux huissiers et notaires dans ces trois départements.

– Avec mon collègue Francis GRIGON, nous avons aussi fait adopter un amendement qui pérennise l’un des fleurons du Droit local, le régime local agricole d’assurance maladie complémentaire, qui avait été menacé par une proposition de loi. La Commission des Affaires Sociales du Sénat vient également de diligenter une étude en vue d’envisager l’extension de ce régime local à la France entière.

– Enfin, en raison de la récente suppression de la « taxe locale de riverains » dans le cadre de la loi de Finances pour 2011, sans consultation préalable des élus d’Alsace-Moselle, j’ai ainsi initié une démarche commune de 29 parlementaires alsaciens et mosellans, représentant toutes les sensibilités politiques et tous les territoires, pour défendre notre droit local par un courrier cosigné adressé au 1er Ministre.

Notre requête demandait au gouvernement de rechercher avec les Parlementaires d’Alsace et de Moselle les solutions appropriées pour parfaire l’intégration de notre droit local dans le système juridique de la République, en accord avec l’Institut du Droit Local alsacien-mosellan qui conduira une consultation locale des communes intéressées qui génèrera, le cas échéant, une intervention parlementaire commune. Et nous avions aussi demandé une réorganisation de la Commission d’Harmonisation du Droit Local, créée en 1985 par le Ministre de la Justice, qui n’a plus été réunie depuis plusieurs années et dont la présidence était vacante depuis début 2010, suite à la nomination de son Président Hubert HAENEL au Conseil Constitutionnel.

Le 1er Ministre a donné suite à notre démarche commune : par décret du 2 août, il m’a nommé nouveau Président de la Commission d’Harmonisation du Droit Local.

Mission commune d’information relative à Pôle emploi :

Un peu plus de deux ans après la création de Pôle emploi, le Sénat a décidé de constituer une mission commune d’information afin de procéder à une première évaluation de son fonctionnement et de formuler des préconisations pour l’avenir.

Entre mars et juin 2011, nous avons dans le cadre de cette mission d’information  procédé à de nombreuses auditions, complétées par cinq déplacements sur le terrain.

Nos travaux ont confirmé le bien-fondé, dans son principe, de la fusion de l’ANPE et des Assedic. Mais ils ont aussi montré que la fusion s’est déroulée dans un court laps de temps, qu’elle n’a pas été facilitée par un contexte de forte hausse du chômage et que des erreurs ont été commises. La qualité de l’accompagnement des demandeurs d’emploi s’est dégradée en raison notamment de l’augmentation du nombre de chômeurs suivis par chaque conseiller de Pôle emploi.

Dans notre rapport rendu le 5 juillet dernier, notre mission défend deux orientations qui lui paraissent indissociables :

–          d’une part, réformer la gouvernance et l’organisation de Pôle emploi pour mettre en place un véritable pilotage par la performance,

–          d’autre part, lui allouer des moyens humains supplémentaires de manière à renforcer le suivi des personnes éloignées de l’emploi

Nous insistons également sur la nécessité de renforcer l’ancrage territorial de Pôle emploi, après une période de centralisation sans doute inévitable pour réaliser la fusion, et de développer encore ses partenariats avec les autres acteurs du service public de l’emploi.